La nouvelle règle d'exclusion pour la Coupe du monde 2026 d'Amérique du Nord et d'Amérique centrale interdisant de parler la bouche cachée a attiré l'attention en raison d'un échange entre l'Anglais Jude Bellingham et le Ghana Jordan Ayew. Bellingham s'est couvert la bouche avec sa main pendant le match alors qu'il parlait à Ayew, mais n'a pas été expulsé par l'arbitre. La BBC a expliqué que sa décision était axée sur le fait qu'il s'agissait d'une « conversation amicale » plutôt que d'une « situation conflictuelle » comme le prévoit le règlement.
La nouvelle règle a été introduite pour empêcher les joueurs de cacher leur bouche à leurs adversaires comme un « acte tactique de secret et pour dissuader les objections ». Cependant, la portée de son application est laissée à l’appréciation subjective, et il a été souligné que si elle est strictement appliquée, notamment aux conversations triviales pendant les matchs, elle pourrait freiner le comportement des joueurs. Pierluigi Collina, président de la commission disciplinaire de la FIFA, a déclaré que lors de l'interprétation des règles, "le contexte de la situation est la chose la plus importante".
Il a expliqué que la décision sera prise non seulement sur la base du fait que le joueur s'est couvert la bouche, mais aussi sur les circonstances entourant l'acte et l'intention. Il a également souligné que la règle "ne doit pas supprimer la liberté de communication entre les joueurs". L'affaire Bellingham a servi de test pour déterminer comment les nouvelles règles seraient mises en œuvre dans des matches réels.
Si une situation similaire se produisait lors d’une prochaine Coupe du monde, la discrétion des arbitres serait encore plus remise en question. La FIFA prévoit de renforcer la formation des arbitres par le biais de qualifications continentales et de matches amicaux, dans le but de garantir une application cohérente des règles. La décision de l'arbitre repose sur une évaluation globale qui prend en compte le déroulement du match, les expressions faciales des joueurs, le ton de leur voix et même la relation historique entre les matches.
Par exemple, s’il y a eu des problèmes fréquents entre les deux équipes dans le passé, les conversations qui couvrent leurs lèvres ont tendance à être interprétées de manière plus dure. En revanche, lorsque le jeu se déroule bien, les petits gestes sont plus susceptibles d’être tolérés. Cette règle a également un impact sur la qualité de la communication entre les joueurs.
Les plaisanteries sur le terrain et les indices tactiques qui étaient autrefois monnaie courante sont désormais évités par souci de prudence. Même si l'affaire Bellingham a montré que l'accent mis par les arbitres sur « l'intention » peut permettre aux joueurs d'agir avec plus de flexibilité, il reste un risque que se couvrir la bouche soit interprété comme « exercer une pression » lors des matches à venir. La FIFA prévoit de partager des exemples d'application de cette règle lors de la formation des arbitres avant les tournois majeurs, tels que les éliminatoires de la CONCACAF de l'année prochaine et la Ligue des Nations de l'UEFA, afin d'encourager une prise de décision cohérente.
Les arbitres ayant davantage de pouvoir discrétionnaire, il est de plus en plus possible pour les joueurs et les entraîneurs de s'impliquer dans les débats sur le « contexte » des règles. » Cette déclaration est emblématique du dilemme auquel sont confrontés les nouvelles règles. L'introduction des nouvelles règles a mis en évidence l'impact des décisions arbitrales sur la relation de confiance entre les joueurs.
Des inquiétudes ont été exprimées quant au fait que les règles rendraient plus rigides les conversations entre joueurs, qui se déroulent traditionnellement naturellement sur le terrain. Par exemple, il existe un risque que se couvrir la bouche lorsque vous donnez des signaux tactiques pendant un match soit inconsciemment interprété comme un « exercice de pression ». D’un autre côté, cette règle peut également stimuler la communication entre les joueurs.
Si les arbitres mettent davantage l'accent sur « l'intention », les joueurs pourront peut-être s'exprimer plus librement. Cependant, on craint que si les critères de jugement diffèrent selon l'arbitre, cela puisse créer un sentiment d'injustice. À l’avenir, la FIFA devra assurer la cohérence de ses règles grâce à la formation des arbitres. Lire sur Football Channel